Un orfèvre à Marrakech
4/mai/2008
Pour qui arpente un moment les souks et autres bazars de Marrakech, un constat s’impose assez vite : tous les boutiquiers vendent à peu près la même chose et, si au 1er abord toute cette bimbeloterie semble bien sympathique, un examen un peu attentif permet de constater que tout cela ne vaut pas grand chose (dans tous les sens du terme d’ailleurs puisque, le plus souvent, les prix restent très modiques pour peu que l’on discute un peu).
Qu’il s’agisse de maroquinerie (la bien nommée), de ferronnerie, de dinanderie ou autres terres cuites émaillées, l’artisanat marocain reste marqué par une qualité de fabrication (et surtout de finition) médiocre, ce qui peut dans certains cas faire son charme mais aussi, à la longue, ses limites.
Cependant, la frénésie dans laquelle Marrakech se trouve emportée depuis quelques années est venue bouleverser un peu tout cela et, depuis quelques temps, apparaissent de nouveaux créateurs, plus artistes qu’artisans et qui, s’étant aguerris le plus souvent au contact de pointures internationales du design, donnent naissance à une production qui n’a plus rien à envier à celle des maisons les plus prestigieuses.
Le meilleur représentant de cette nouvelle génération est sans nul doute le créateur Yahya Rouach qui porte l’art de la dinanderie à un niveau d’exigence et de perfection sans équivalent, ce qui lui vaut fort logiquement d’être sollicité aux 4 coins du monde.
Ayant débuté comme modeste artisan, Yahya qui est né à Londres en 1972, est désormais à la tête d’un atelier de près de 200 personnes (parmi lesquelles de véritables orfèvres venus d’Europe) qui produisent à l’unité des pièces exceptionnelles, qu’il s’agisse de luminaires, de cadres, de petits meubles, ou d’objets dont le seul rôle est tout simplement d’être beaux.
Cuivre jaune ou rouge, naturel ou brûlé, délicatement satiné ou poli, maillechort lisse ou martelé, ciselé, découpé avec une précision chirurgicale, les métaux mais aussi le bois, le verre donnent naissance entre les mains de ce magicien à des oeuvres d’une délicatesse infinie.
Yahya ayant en outre le génie d’associer une sobriété esthétique conforme aux goûts occidentaux aux motifs et à la thématique propres aux arts de l’Islam (motifs géométriques, floraux ou caligraphiques inlassablement répétés ou déclinés), ses oeuvres séduisent autant les princes saoudiens que les collectionneurs occidentaux les plus avisés.
Il convient en effet de préciser que, si le travail de Yahya n’a rien de comparable avec celui de ses confrères du souk, les prix de ses oeuvres n’ont eux non plus rien à voir avec ceux du bazar… Mais comme l’on dit : “plaisir des yeux mon ami” : visiter le site web de Yahya est un plaisir qui ne coûte rien, pas plus qu’un petit tour dans son show-room de Marrakech. Un endroit qui n’a rien à envier aux belles boutiques de la place Vendôme.
Contact : 00 212 (0) 24 42 27 76
Site web : www.yahyacreation.com
Ma table marocaine à Marrakech
3/mai/2008
Depuis des années, le même constat s’impose à tous les marrakchis d’adoption : si les bonnes tables ne manquent pas à Marrakech, inutile cependant d’y chercher un restaurant marocain acceptable ; des tables françaises, italiennes, indiennes, japonaises, … en veux-tu en voilà, mais du marocain authentique, raffiné, généreux, … non.
Pourtant, les guides touristiques - Guide du Routard et Lonely Planet en tête - fourmillent d’adresses hautement recommandées mais où, curieusement, nul marrakchi ni nul marocain ne met jamais les pieds … Allez savoir pourquoi !? Peut-être la faute aux prix (entre 60 et 80 euros) qui peuvent sembler normaux aux voyageurs venus de Londres ou Paris mais paraissent absolument exhorbitants aux yeux des “locaux”, bien placés pour connaitre le coût de la vie au Maroc… Peut-être également la faute à la qualité qui n’est pas toujours au rendez-vous.
On découvre aussi avec le temps qu’il existe une explication assez logique à l’absence de vrais bons restaurants marocains à Marrakech : le Maroc est un pays pauvre et les personnes qui peuvent se permettre de sortir (bourgeoisie locale, expatriés) ont toutes d’excellentes cuisinières marocaines à la maison ! Donc ici quant on sort, c’est pour manger français ou italien, mais certainement pas un couscous ou un tagine. CQFD.
Tout ceci pour dire que la table dont il est ici question était attendue depuis longtemps par tous ceux qui désespéraient de pouvoir se délecter un jour d’une tanjia confite à souhait ou d’une pastilla au lait légère et croquante.
Autant le dire tout net : Le Riad Monceau qui a ouvert ses portes il y a quelques mois est aujourd’hui LE restaurant marocain de Marrakech. Situé à 2 pas de la place Jemaa El Fna (le hot spot de la médina), c’est un riad des plus traditionnels, avec un patio andalou d’un blanc éclatant. Les dîners y sont servis dans un joli salon ainsi que dans le patio où quelques tables sont dressées lorsque le temps le permet.
Le lieu est élégant et cosy, un peu comme une jolie bonbonnière où quelques privilégiés se donneraient rendez vous le soir pour célébrer l’authenticité d’une cuisine marocaine retrouvée. L’accueil est attentif et convivial, l’ambiance chaleureuse. La plupart des convives sont évidemment en vacances et il n’échappe à personne que c’est un grand bonheur de pouvoir jouir d’un cadre aussi privilégié.
Quant à la table… c’est une merveille.
Fadma Talima est aux commandes. A trente sept ans cette berbère originaire de la région n’est pas à son galop d’essai puisqu’elle a officié pendant de longues années dans plusieurs capitales européennes au service de représentations diplomatiques de son pays, faisant notamment les belles heures de l’ambassade du Maroc à Vienne, en Autriche.
Sa cuisine est simple, communicative et savoureuse comme celle de son enfance, et c’est tout naturellement qu’elle élabore chaque soir son “Menu Découverte” selon les humeurs du marché. Proposé à 360 dirhams (34 euros env.) c’est de loin LE bon plan de la ville. Et pour les habitués, ou tout simplement pour ceux qui savent, dîner à la carte est également possible : il suffit juste de passer commande la veille.
Contact : 00 212 (0) 24 42 96 46
Web site : www.riad-monceau-restaurant.com
Attention : 30 couverts en tout et pour tout donc inutile d’espérer avoir une table sans réserver au moins 2 jours à l’avance.
Focus on Marrakech, le blog de MaRKo RAK
2/mai/2008
Après avoir découvert Marrakech, comme beaucoup, en tant que simple visiteur, j’ai depuis quelques années la chance d’y vivre et d’y travailler.
Vivre à Marrakech au quotidien donne évidemment un point de vue très différent et offre un recul dont j’aurais aimé pouvoir disposer lors de mes premiers séjours …
C’est donc en pensant à celles et ceux qui vont emprunter le même chemin que moi, pour quelques jours ou pour toujours, que j’ai conçu ce blog où je vais livrer quelques conseils, bons plans et bonnes adresses garantis “Marrakech from the inside”.
